Expression libre d’un sans papiers

L’appel d’un Sans-Papiers

Face au châtiment de déesses de l’enfer

 O pro-déo….

Qui décrira nos vies désormais ? Qui soulignera dans nos récits un fait, un incident et des évènements?  Maintenant que aux portes du palais on fait payer celles et ceux qui viennent te réclamer justice. …la suite

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Le sans papiers entre quête et conquêt‏e

Ce que je dois à la naïveté

 

 Comment expliquer tout le chemin qui conduit l’immigré à acquérir ce statut de sans papiers ? La raison, le moyen, la méthode et le lieu de départ, conditionnent son statut dans la société d’arrivée. Il vit dans un monde parallèle aux autres. Son nouveau monde  ne ressemble en rien à l’image qu’on lui a fait miroiter un jour, bien avant son départ. Et rares sont ceux qui le connaissent et le reconnaissent. Certains remettent en question les raisons de son départ, d’autres, le moyen et pour d’autres encore c’est son objectif et son rôle qui posent problème…la suite

 

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Expression Libre d’un sans papiers

Cela n’arrive pas qu’aux autres

Retour au pays des merveilles, les pieds sur terre, la tête sur les épaules, mais avec un esprit toujours aussi rêveur, toujours plein de mystères.

Mon monde n’a jamais été aussi triste, et sombre que ce jour là, le jour où j’ai frôlé la fin, le jour du début.

A cet instant, Je me suis demandé : qu’est ce qui m’attache tant à cette vie ? Est ce la foi ? Est ce la peur de faire mal aux autres ? le vouloir vivre à tout prix, le vouloir de survivre. Est-ce l’instinct de vie, ou l’instinct de survie ?

Une vie en mode pause

Une vie en mode pause, un réveil sans réveil, une dérive sans fin, des idées brèves, obscures, que je n’ose même pas développer.

C’est moi neuf ans après, voilà ma vie, 30 ans après.

Le doute plane, la panique domine et ma vie oscille encore et encore. Je rêvais d’un monde simple, d’un monde juste. Mais aujourd’hui, mon seul rêve est celui de la liberté.

Ma vie ne ressemble plus à rien : les jours se succèdent, les jours se ressemblent et le même cauchemar revient toujours : celui du retour sans rendez-vous, celui de la fin avant la fin.

Un cycle sans fin, une fatigue qui s’accumule, une perception de la réalité altérée par une souffrance et un rêve qui ne dure que le temps d’un sommeil : telle est ma vie.

Comment espérer alors que mes pieds restent ancrés au sol ? Comment avancer sans connaître la direction ? Je pensais fuir une terre sans lois et me voilà un individu sans droits, transparent pour les uns, menaçant pour les autres.

ET Si….

Si j’étais à leur place, aurais-je fait quoi ? Comment aurais-jeréagis ? Je sais que cette question est vraiment stérile que tout est normal et rien n’est étrange.

Le Si n’est qu’un catalyseur de haine et de regret Le si c’est la source des malheurs.

Alors comment vivre sans ce fameux Si ? Comment inspirer sans expirer les remords de mes échecs ? Comment avancer sans se retourner ? Des fois, j’ai l’impression que je dérive dans un océan de délires mais j’ai la certitude que c’est ce peu de réflexion qui me permet de toujours m’accrocher à la vie.

La logique, parfois, trompe, la logique, parfois, tue. Parce que face à elle, la réalité se tient debout sans crainte des paradoxes. La réalité nous ramène sur terre aussi malheureux que l’on soit. La réalité éclaircit nos yeuxNotre vie est plus qu’une chronologie régie par une loi. Et si c’est vraiment le cas, cette loi n’est autre que le destin. Sinon, comment expliquer tout ce désordre au sein de cet univers totalement ordonné et mystérieusement adapté à toute sorte de vie pour toute sorte de créatures ?

Le destin : un mot qui fait rire les uns, un mot qui apaise les autres, un mot en conflit éternel avec le hasard.

Entre moi et toi

Si on fuit, c’est souvent avec une bonne raison et lorsque l’on revient c’est avec raison. Mais il arrive qu’on ne décide ni de l’un ni de l’autre, il arrive qu’on échoue, qu’on se perd sans savoir ni pourquoi, ni quand on a quitté la route.

Si je t’aime, je ne peux que haïr la moindre indifférence de ta part. Si je t’aime, je ne peux te promettre de rester fidèle, car si j’étais capable de t’aimer je ne pourrai m’empêcher d’en aimer d’autres et d’autres encore. Si je t’aime, mon amour est hypocrite car je ne peux te vexer par crainte de te perdre. Mon amour est sans raison car je ne peux me retrouver loin de toi. Si je t’aime, c’est parce que j’ai aimé avant toi cette autre partie de moi, cette terre qui m’a adopté sans mon avis, si je t’aime je ne serai qu’en partie à toi.

L’héritage

On crée les armes et on pleure les morts. Et entre nous et les autres c’est plus qu’une histoire de jugement : c’est avant tout une histoire de préjugés et surtout une histoire de méfiance et de confiance avant que ce soit une histoire d’amour et de haine, on nage dans un monde dominé par les images. Nos yeux ne voient pas loin au delà des couleurs, et notre identité reste prisonnière de nos récits et de nos mythes. Des réalités et des mensonges qu’on fait passer d’une génération à une autre et au fil du temps, le décryptage de tout cet héritage devient un fantasme plus qu’un rêve, et plus le temps passe plus le doute laisse place à la certitude, la certitude qu’on a raison et que les autres ont tort.

Pourquoi aller chercher si loin la raison, est ce parce que je rejette la responsabilité de tout ce chaos sur les autres ? Je m’efforce de croire le contraire. Et même si je n’y arrive pas je me rassure en disant que moi et l’autre ne font qu’un. Sinon comment affirmer l’existence de l’un en l’absence de l’autre ?  J’ai appris tout petit que prouver l’existence de certaines  entités passe par la démonstration de l’existence de leurs opposés et je résume parfois la vie à une coexistence étonnante des contradictions.

Une guerre interminable entre le juste et l’injuste, entre le bien et le mal et une rivalité incessante entre moi et l’autre.

Notre monde ne date pas d’hier, et loin de toute croyance à la réincarnation, notre vie n’est qu’un prolongement de celle de nos ancêtres, nous portons un héritage lourd, un héritage empoisonné.

A

L’été d’un sans papiers au polygone de l’indignation

Le mouvement des sans papiers en Belgique, en parallèle avec les autres mouvements de protestation et d’indignation, poursuit son chemin. Pour les sans papiers, été comme hiver, la situation ne change pas.

Le 11 juin 2011, alors que déjà certains préparaient leur départ pour les plages ensoleillées du sud, des indignés, avec ou sans papiers, choisissaient une compagnie aérienne comme destination, lors d’une action de tractage et d’affichage devant le siège de son agence. Le but était d’attirer l’attention sur l’implication de ces compagnies dans les politiques de déportation.

Un agent commercial de l’agence a nié que les avions de la RAM acceptaient des personnes expulsées dans leur vols, mais une petite recherche a confirmé le contraire. Sur le site officiel de la compagnie, en effet, on peut lire dans la rubrique bagages : « Armes et munitions: Munitions et Armes à feu (pistolets, revolvers, etc…) à l’exception des armes non chargées des escortes accompagnant des passagers déportés ou expulsés » (1)

Cette action née de rencontres dans les espaces publiques, comme l’action du don de sang organisée le 29 Juillet 2011, s’est inscrite dans une volonté d’ouverture du mouvement des sans papiers .

Pendant l’été, un mouvement d’indignation est arrivé au boulevard de Stalingrad au pieds du porte voix, une œuvre artistique réalisée à la mémoire des immigrés marocains.  Devant ce tas de ferraille qui ne porte plus son nom, des centaines de personnes, souvent sans papiers se sont rassemblées pendant deux mois et presque tout les soirs lors des assemblées populaires des sans : sans papiers , sans logement sans travail , sans droit …les sans voix. Et même si ces assemblées populaires n’étaient qu’une importation pure et simple d’un mode de protestation qui a vu le jour ailleurs en Europe, le mouvement des sans papiers en Belgique, sorti de son sommeil en 2010, a démontré qu’il a apporté quelque chose de nouveau dans la lutte des sans papiers : la prise des espaces public .

Qui pensait que ces gens, considérés comme illégaux, menacés d’expulsion à chaque moment, oseraient maintenir pendant deux mois une présence au plein centre de Bruxelles?

Le 31 Juin 2011, après 30 jours de discussions et de sensibilisations, la décision de monter un campement a été prise. Tout de suite après l’annonce, c’est tout un mode de vie qui s’est mis en place: solidarité, organisation et participation. Vingt tentes implantées entre les deux allées du Boulevard, des espaces et des groupes de travail qui se constituent, l’enthousiasme qui grandit au fil des heures, mais aussi l’incertitude. Dans l’espace public comme dans le privé, nos mouvements et même nos déplacement sont conditionnés par des lois. Et comme nous l’avions prévu, le lendemain du 31 juin, vers 7h30, un agent de la commune de Bruxelles est venu nous exprimer son mécontentement. Les campeurs indignés occupaient un espace public sans autorisation, et de plus, ils représentaient un trouble à l’ordre public . C’était bien de mauvaise augure, car trente minutes plus tard, un autre flic débarquait, sourire moqueur à la bouche, main sur la matraque pour avertir les personnes présentes qu’elles avaient dix minutes pour évacuer les lieux, sinon c’était l’arrestation.

« Vous avez 10 minutes pour partir. Perdez vous dans la nature, sinon c’est le centre fermé disait-il. »

Une déception en soi ? Non, parce que cette sensation de liberté, la liberté de gérer son espace de vie, de construire quelque chose avec les autres, ceux avec qui on partage les mêmes rêves et les mêmes inquiétudes, ont dissipé la frustration.

Le soir même, une assemblé a été tenue sur place. La tension atteignait son comble. On cherchait à se remonter le moral les uns les autres. Si nous n’avions pas réussi à tenir le campement, ce n’était pas à cause de ceux qui y avaient participé. Les AP (assemblées populaires) se sont poursuives dans l’espoir de mobiliser plus de gens et de faire comprendre que le combat des sans papiers ne doit être en aucun cas isolé du reste des combats.

C’était déjà l’été, le soleil a retardé son arrivée, mais on voyait déjà le mouvement d’indignation s’essouffler en Belgique.

Une bonne nouvelle est alors arrivée: les occupants afghans du polygone venaient de trouver un accord avec les responsables : un permis de séjour contre un contrat de travail. Les membres du Collectif Sans Papiers Belgique pensaient que dès lors, rien ne les empêchaient plus de rejoindre le Bâtiment, d’occuper une petite partie et d’en faire un espace de vie et de travail politique.

Le 15 Juillet 2011 au soir, un petit groupe du collectif occupe une salle vide. L’accueil n’est pas chaleureux, mais au fil du temps, une certaine cohabitation s’installe entre les différents groupes, une cohabitation qui reste toujours fragile, faute de soutien d’organisations.

Le 19 Juillet, une marche de sans papiers prend le départ de la place Saint Josse, direction le Cabinet du secrétaire d’état à la politique de migration, sous le slogan : on survit ici, on lutte ici, on reste ici, mais pas sans droits!

Presque 300 personnes scandent le slogan.

Sans papiers, sans droit, écrasés par la loi… Nous arrivons rue de la loi. Les manifestants sont surpris par le refus du cabinet de recevoir une délégation. Mépris pour les uns, indifférence pour les autres… Alors que des sans papiers quittent le rassemblement, résignés et déçus, les plus téméraires décident d’envoyer un message aux responsables : descendez, descendez, descendez! Façon de dire qu’entre les responsables et la réalité, il y a tout un décalage. Et c’est ainsi que presque 150 personnes, la plupart des sans papiers, décident de bloquer la rue de la loi, provoquant le chaos sur les routes de Bruxelles.

Immédiatement, des caméra de télé arrivent, preuve encore une fois que le spectaculaire attire plus que le discret, même si le message est le même. Les forces de l’ordre se préparent à charger. L’ordre n’est pas encore donné, et le porte parole du collectif SPBelgique entre en contact avec un officier sous le regard méprisant de quelques anarchistes.

Il ne reste dans la rue de la loi que 150 sans papiers, soutenus par une dizaines de militants. Trente minutes plus tard, le cabinet change d’avis et accepte de recevoir une délégation.

L’entretien ne dure qu’une heure, sans aucune avancée concrète. Toujours le même discours : c’est la crise c’est la crise c’est la crise… On ne peut rien faire.

Encore une action qui n’apporte rien, qui ne change rien ? Pas vraiment. Le fait d’obliger le cabinet à accepter une délégation seulement parce que 150 personne se sont unies a démontré l’importance de l’effet de masse dans ce genre d’action.

De retour au polygone après l’action, la priorité est de gérer cette occupation : une occupation hétérogène dans tous les sens du terme. Et de nouveaux combats commencent. Entre l’idéal et la réalité, entre l’initiative personnelle (pour ne pas dire l’ego) et la participation collective, entre la volonté de changer le monde et l’instinct de survie.

Le polygone, un bâtiment qui porte bien son nom : poly par sa diversité culturelle, poly par la multitudes des causes qu’il porte, et poly par son histoire.

Un espace ouvert 24/24h plus qu’un espace public, dans lequel et malgré toutes les bonnes volontés, les mots « coordination , communication et organisation » n’ont pas trouvé de place, laissant le désordre régner. Et les vacances n’ont pas arrangé les choses. La plupart des militants ont profité de ce temps pour prendre un moment de repos, à l’instar des politiciens.

Les derniers indignés quittent le polygone, et même ceux qui voulaient en faire un terrain d’expérience politique laissent tomber. Beaucoup d’énergie a été dépensée, et les objectifs ne sont pas atteints. La majorité des occupants ne demandent qu’à être assistée.

L’arrivée des expulsés de Schaerbeek n’arrange pas les choses. 42 enfants et une vingtaine d’adultes débarquent escortés par une voiture de police. Les occupants présents à ce moment là n’ont rien d’autre à faire que de les laisser rentrer. Comment laisser ces enfants, dont une grandes partie en bas âge, dehors?

Encore une fois, ce sont les précaires qui paient les erreurs des autres. Encore une fois, ce sont les précaires qui secourent les précaires. A ce moment là, presque 200 personnes occupent le bâtiment. Le risque d’expulsion est imminent, mais un mouvement de soutien s’organise.  Quelques avocats et associations tentent d’obtenir un délai supplémentaire.

Et c’est déjà la rentrée.

On peut enfin compter sur quelques soutiens: et effectivement, deux mois de sursis sont accordés.

Le spectaculaire attire à nouveau les médias. Durant une semaine et quasiment tout les jours, des journalistes défilent au polygone. Des appels au secours sont lancés. Il s’agit maintenant des enfants, qui cohabitent difficilement avec des sans papiers selon les dires d’un de ces journaliste. Maintenant on ne parle plus du polygone comme un espace d’indignation, mais plutôt comme un squat insalubre.

Quelque jours plus tard, les secours communaux d’Ixelles décident de prendre leurs responsabilités en offrant des colis d’urgence alimentaires tous les jours de la semaine , sauf le weekend bien sûr, car le weekend c’est repos pour les responsables ..

A ce moment là, les membres du SPBelgique décident de quitter le lieu. Un communiqué de presse est envoyé pour annoncer le départ.

 « …Nous avons essayé de notre mieux d’apporter notre participation à la gestion du bâtiment  et d’installer un mode de vie alternatif et une certaine solidarité entre précaires, mais nous nous sommes retrouvés seuls face à beaucoup de problèmes, un engagement qui nous a pris beaucoup d’énergie au dépend de notre lutte politique.

      Parce que nous refusons d’être encore une fois stigmatisé, et parce que nous refusons les colis alimentaire d’urgence qui est la seule réponse des responsables, nous avons décidé de fermer notre local au polygone sachant que des personnes sans papiers continuent toujours à squatter le bâtiment, mais à titre strictement personnel. 

Le Collectif sans papiers Belgique » (2)

Malgré ce départ, quelques membres continuent à s’investir comme ils peuvent, comme l’a fait Hocine qui a aidé une mère réfugiée à inscrire ses enfants dans une école. Hocine n’a pas changé le monde avec son acte, mais il a sûrement donné à nouveau espoir à cette famille qui a fuit les horreurs de la guerre .

L’histoire du polygone continue toujours. Les familles sont toujours laissées à l’abandon, comme celles de la gare du Nord expulsées de la rue vers la rue, simplement un peu plus loin, un peu plus exposées au vent et au froid.

Mais malgré ce paysage tracé, un peu noir, malgré les déceptions, SPBelgique gardera du polygone l’image de belles rencontres, d’initiatives audacieuses, de cette solidarité entre précaires et exclus, ces repas partagés et ces petits ateliers organisés : cours de langue, matchs de foot, sans oublier les moments de rire, et de joie qui ont brisé par moments ce sentiment d’amertume.

Le polygone a été pendant l’été le reflet de toutes les actualités à goût amer; situation catastrophique des réfugiés aux frontières de l’Europe forteresse, une Europe qui protège ses frontières au détriment de la vie de milliers de réfugiés, comme cela a été rapporté dans un article sur presseurope.eu .

«…L’Europe protège ses frontières mais pas les réfugiés. Ces morts sont victimes de non-assistance à personne en danger. Vingt-cinq jeunes hommes viennent de mourir étouffés par des gaz d’échappement dans la cale d’un bateau qui devait les emmener de Libye en Italie. Les morts de réfugiés sont devenues une routine inquiétante. On en parle comme de destins auxquels on ne pourrait rien changer»(3)

Changer un mot qui n’a plus de sens pour ces 25 victimes d’une stratégie de dissuasion mise en place pour lutter contre l’immigration. 25 morts qui s’ajoutent à des milliers de morts et de disparus dans les traversées. Des exilés qui fuient les bombes des armées du monde libre, ces même armées qui maintiennent encore sur place la plus part des dictatures.

Mais que peut faire l’Europe, pauvre Europe noyée dans sa propre crise? Que peut faire la Belgique, pays déchiré entre le nord et le sud? Que peuvent-ils à part mettre en place des mesures de répression, pour faire payer aux plus précaires de la terre les erreurs des plus riches? De l’austérité à la chasse aux sans papiers, en passant par la pénalisation des sans emplois, c’est toujours au nom de la crise que la situation se durcit.

SPBelgique a pris part à cette crise le 15 Septembre 2011, en jouant une pièce de théâtre devant la Bourse, la reproduction d’une conférence de presse. Les sans-papiers voulaient dénoncer l’acharnement des politiques envers eux, au nom de cette crise

«… Nous refusons d’être pris pour responsables, car nous n’avons ni vidé les caisses des banques, ni fabriqué des arme.»(4)

Le même jour, un accord entre les huit partis et sans la NVA promet la fin d’une gouvernance provisoire. Le NVA et ses projets anti-migrants n’auront pas de place au sein de l’éventuel prochain gouvernement.

Enfin une bonne nouvelle, à l’image de celle qui a fait la une de la presse le temps d’une journée: un sans-papiers se conduit héroïquement, sauve la vie d’un passager du métro bruxellois, et obtient sa régularisation.

Pour les sans papiers, le temps n’a plus de sens, et entre le passé et l’avenir, on se perd facilement.

Quels souvenir les sans-papiers garderont-ils de ce passage dans une clandestinité forcée ?

En attendant que les voies d’indignations convergent, le mouvement sans-papiers continue son chemin escarpé à la recherche d’un nouveau souffle.

Anas

Bruxelles octobre 2011

(1) voir site de la Royale Aire Maroc rubrique bagages spéciaux : http://www.royalairmaroc.com/Fr/Autour_du_voyage/A_l_aeroport/Bagages_1312_1320.htm

(2) Extrait du communiqué de presse de SPBelgique annonçant le départ du polygone

(3)  Extrait de « l’asile en Europe reste un mirage » : http://www.presseurop.eu/fr/content/article/830541-l-asile-en-europe-reste-un-mirage

(4) Extrait du communiqué de presse de SPBelgique de l’action du 15 Septembre 2011

2 commentaires sur “Expression libre d’un sans papiers

  1. passager dit :

    pouvez vous me mettre en contacte avec ce musicienne qui joue la guitare Merci d’avance c’est pour un projet artistique!!

  2. Martine dit :

    Comme moi, Mamadou travaillait dans une association d’aide aux personnes en détresse. Ironie du sort. Il ne m’a pas dit pourquoi il avait quitté son pays, mais chacun de nous sait ce qui s’y passe.
    Je ne sais pas s’il avait une famille, des parents, des frères, des sœurs. Je ne sais pas qui étaient ses amis. Je ne sais pas s’il trouvait un peu de sérénité chez nous. Je sais que mon Etat, démocratique et accueillant, lui avait octroyé un permis de séjour et un permis de travail. Je sais qu’il avait suivi deux formations: une de technicien de surface, une d’informaticien. Je sais qu’il avait toujours travaillé. Je sais qu’il payait des impôts.
    Je témoigne que Mamadou nous était devenu indispensable. Avec intelligence, discrétion, gentillesse, finesse, courage, il s’était mis au service de l’association. Mamadou était toujours le premier arrivé au boulot. Il préparait un délicieux café pour tout le monde. Un employé modèle. Son contrat allait être prolongé. Mamadou n’était jamais absent. Pourquoi n’est-il pas là ce matin ?
    J’ai croisé Mamadou, l’air hagard, traqué. La police le recherche. Quel crime a-t-il commis ? « Séjour illégal ». Il avait reçu un ordre de quitter le territoire. Il n’en a rien dit. Comment aurait-il pu ?
    J’ai compris qu’autour de lui un silence protecteur s’est élevé, mur de solidarité. Humanité.
    Et dans l’association, ses vêtements de rechange pendent lamentablement au crochet du porte-manteau. Ils me font penser à la « salle des pendus » de nos charbonnages.
    Journal parlé de ce jour :
    « Des réfugiés guinéens sont renvoyés en masse dans leur pays, en avion militaire et dans la plus grande discrétion. Les associations s’indignent. »
    Mamadou est Guinéen.
    Mamadou a vingt-trois ans. Et l’avenir lui souriait …

    Mamadou a vingt-trois ans, s’est intégré, a travaillé, a payé des impôts. Il parle français. Dans le cadre d’une immigration choisie, n’aurait-il pas eu toutes ses chances? Pourquoi n’examine-t-on pas chaque situation au cas par cas? Pourquoi n’interroge-ton pas les citoyens au sujet des demandeurs d’asile qu’ils connaissent bien? Il avait introduit une demande de régularisation il y a huit mois. Il n’a reçu aucune réponse. A-t-elle été examinée?

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