Solidarité: Cinq ans de procédure, ça suffit ! (procès du CAS, 18 décembre)

Cinq ans de procédure, ça suffit ! (procès du CAS, 18 décembre)

Nous étions plus d’une cinquantaine à nous réunir le matin du mercredi 27
novembre sur les marches du Palais de Justice de Bruxelles pour soutenir,
au nom du Comité, nos camarades inculpés. Au bout de près de 5 ans de
procédure, nous avons démontré notre soutien indéfectible. Nous pensions
en finir – car il fallait que ça cesse – ce matin là. Or, il n’en est
rien, puisque nous devons déjà nous retrouver le 18 décembre sur ces mêmes
marches, pour la même audience. Le dispositif mise qui fut mis en place
par la police pour empêcher l’accès du public aux débats n’est qu’une
provocation supplémentaire dans ce procès comme dans d’autres. Une
présence nombreuse mercredi 18 décembre lors de l’audience sera une
réponse collective aux entraves à l’engagement avec les migrants «
sans-papiers » pour l’égalité des droits.

Le 18 décembre, date choisit pour cette nouvelle audience, nous aurons la
chance de voir ce procès bien inscrit dans le contexte politique dans
lequel il se situe. Le 18 décembre sera la Journée Internationale des
Migrants. Dans le cadre de cette journée, le collectif SP-Belgique :

« appelle toutes les forces politiques, collectifs et tous les citoyens
indignés à agir de manière unitaire pour faire entendre la voix des
sans-papiers dans cette période électorale qui s’annonce et exiger la
reconnaissance des droits des sans-papiers et pour l’abolition de ce
statut infra-humain. »

Toujours le 18 décembre à 17h aura lieu une marche aux flambeaux au départ
de l’église du Béguinage en soutien aux Afghans. A partir de 18H il y aura
des concerts à l’église (https://450afghans.owlswatch.net).

Au même moment (entre le 9 et le 18 décembre) se tient à Bruxelles le
procès de 13 agents de la police des chemins de fer accusés de violence
sur des personnes sans domicile ainsi que sur des personnes « sans-papiers
». Les policiers s’en seraient pris à des victimes essentiellement
précarisées, comme des personnes sans abri ou en séjour illégal, ou à des
voleurs à la tire. Ils sont notamment soupçonnés d’avoir coupé les cheveux
d’une tsigane de 12 ans, d’avoir passé à tabac un Algérien dans des
garages occupés par la police ou encore d’avoir porté des coups sur des
personnes précarisées interpellées sans motif légitime. Il serait facile
de parler de « bavure », de condamner des gens qui par leur fonction ont
été transformé en bourreaux. Nous ne pouvons nous indemniser derrière
notre bonne conscience humaniste. Ce qui est en jeu ici c’est la
banalisation du mal.

En octobre, Aref, un jeune de 20 ans, arrivé en Belgique en 2009 a été tué
suite à son rapatriement en Afghanistan. Pendant quatre ans, il a tenté
d’obtenir l’asile mais la réponse du Commissariat Général aux Réfugiés et
Apatrides (CGRA) a été que sa région, celle de Nangarhar, n’était pas
considérée comme dangereuse. Le Jeudi 5 décembre un jeune homme d’une
trentaine d’année venant de Côte d’Ivoire a été découvert mort dans son
lit au centre fermé de Bruges. La réponse de la ministre d’Etat à l’Asile
et la Migration n’a jamais changé : « je ne me sens responsable de la mort
de personne ». Cette réplique pourrait paraître choquante, pourtant elle
dit le réel des politiques étatiques en matière d’immigration, le réel de
la violence policière : le racisme, c’est la condition d’acceptabilité de
la mise à mort dans une société de normalisation. Le racisme est devenu
co-extensif des mécanismes du pouvoir. Il est le moyen d’instaurer dans la
vie une coupure entre ce qui doit vivre et ce qui doit mourir. Il n’y a
pas, il n’y aura pas de retour des « vieux démons » du nazisme et de
l’anti-sémitisme, ce qu’il y a c’est un dispositif étatique de
criminalisation de l’étranger précaire. Les formes de gouvernementalités
de nos « démocraties » occidentales demeurent porteuses d’un signe de
mort.

Depuis, au centre fermé 127 à Steenokkerzeel 75 personnes ainsi qu’à
Vottem 59 personnes ont entamées une grève de la faim. Au centre fermé de
Bruges c’est la grève générale. A Bruges, la police est intervenue le 6
décembre. Elle est restée à l’extérieur et a appelé plusieurs personnes un
par un. Trois personnes ont été en isolement, trois autres transférés vers
d’autres centres. A l’Eglise du Béguinage les actions de Afghans
continuent tandis que plusieurs personnes avec papiers ont entamée une
grève de la faim. Une personne avec papiers a elle aussi entamée une grève
de la faim devant le centre fermé de Vottem. Il importe de trouver les
moyens de relayer ces gestes politiques tout en construisant un combat
long et sinueux qui exige de la détermination, de la patience et de la
persévérance. Nous invitons les signataires de la carte blanche, les
associations, les organisations syndicales, les sans-papiers et leurs
soutiens à se réunir de manière large dès 8h30 sur les marches du Palais
de Justice afin de manifester notre solidarité avec les inculpés ainsi
qu’à faire du 18 décembre une grande journée de lutte.

Au plaisir de vous y retrouver,

Le comité de soutien aux inculpés du CAS – No Border
histoire_resiststance_bxl@yahoo.fr / http://comitedesoutienbxl.blog.com

PS : Dans le froid glacial qui traverse les marches du palais, nous vous
recommandons d’apporter vos thermos de cafés, de thés, des pains aux
chocolats et des croissants, pour faire là nique conviviale à l’hiver qui
s’installe !

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