http://www.stop632.be/

Nous, travailleurs hors et dans l’emploi1, appelons à une campagne large et unitaire en vue de l’abrogation immédiate de l’article 63 §2 et en tout cas avant le 1er janvier 2015.
L’article 63§2, c’est quoi ?

L’article 63§2 limite dorénavant le bénéfice des allocations dites d’insertion (anciennes allocations d’attente) à trois ans à partir de 30 ans2. Il a été décrété en décembre 2011 par le gouvernement Di Rupo, et intégré à l’arrêté royal de 1991, qui légifère sur l’organisation de l’ensemble du système chômage. En vertu de cet article, à partir du 1er janvier 2015, des vagues successives de milliers3 de travailleurs hors emploi arrivant en fin de droit seront exclus du système d’allocations de chômage.

Il s’agira majoritairement de femmes (65 %) et de familles monoparentales (surtout des mères avec enfants à charge, 81 % des chefs de ménages potentiellement excluables étant des femmes), mais aussi de travailleurs à temps partiel, intérimaires, artistes ou autres, qui n’auront pas eu la possibilité d’accumuler suffisamment de « jours de travail » dans une période donnée pour ouvrir leur droit aux allocations de chômage sur base de leur emploi.

Un changement décisif

Cette mesure introduit un changement décisif dans la « politique d’activation des chômeurs » telle qu’elle est menée en Belgique. En effet, à l’obligation de chercher du travail, elle substitue désormais l’obligation d’en trouver ! Rappelons qu’il y a aujourd’hui en Belgique plus d’un million de personnes totalement ou partiellement hors emploi pour… 50 000 offres d’emploi mensuelles4 !

Dans ce contexte, prétendre qu’affamer des individus va les pousser à trouver un emploi alors qu’il en existe si peu relève de la perversité. Cela va tout simplement conforter le pourcentage élevé de pauvres que compte déjà la Belgique5, pourtant l’un des pays les plus riches de la planète (selon le FMI, le 17ème mondial en termes de PIB/habitant, le 10ème en Europe, devant la France, l’Italie, l’Angleterre et … l’Allemagne)6.

Une absurdité budgétaire, économique et sociale

Et tout ça pour quoi ? Les économies que le gouvernement espère (cyniquement) tirer de cette mesure sont dérisoires.

Sans compter qu’elles seront, en partie7, répercutées sur des CPAS déjà aux abois, notamment dans les communes les plus pauvres, au risque de renforcer les inégalités territoriales (sans parler des inégalités sociales…) dans notre pays et d’alimenter entre précaires une concurrence malsaine, susceptible de faire le lit du racisme.

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